L’Armée canadienne met à l’essai des obus d’artillerie plus puissants et précis

Article / Le 11 janvier 2018 / Numéro de projet : 17-0032

Par Steven Fouchard, Affaires publiques de l’Armée

Remarque : pour visionner les photos additionnelles, veuillez cliquer sur la photo dans la galerie d'images.

Medicine Hat (Alberta) — La branche de recherche et développement de l’Armée canadienne (AC) évalue une nouvelle technologie qui pourrait accroître la puissance des munitions d’artillerie tout en réduisant les dommages collatéraux qu’elles causent.

Un essai initial mené à l’automne 2017 au Centre de recherche de Suffield de Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC), en Alberta, présente des résultats prometteurs, selon Jason Braden, gestionnaire du programme de systèmes de combat terrestre. Mais il reste encore au moins cinq années de recherche à faire.

Les obus expérimentaux sont enveloppés avec des matériaux réactifs structurels (MRS) plutôt qu’avec de l’acier conventionnel. Et ils comportent ce que M. Braden appelle un « double avantage illogique ».

« Une réaction interne et avec l’air se produit : les MRS brûlent et augmentent la puissance explosive et l’onde de pression dans le rayon létal de la munition, ajoute-t-il. Parallèlement, comme les fragments produits sont plus petits et décélèrent plus rapidement qu’avec de l’acier, ils parcourent une distance moindre et causent ainsi moins de dommages à l’extérieur de la zone d’explosion visée. »

Le fonctionnement de ces munitions ressemble à celui des armes thermobariques, qui utilisent  des aérosols ou des liquides combustibles, mais à une différence près :

« Des MRS solides peuvent être utilisés dans les obus de munition grâce à leur grande force mécanique. Leurs fragments ont un effet semblable de combustion et de dispersion, mais sous forme solide et avec une seule fusée, une seule explosion, explique M. Fan Zhang, scientifique principal au Centre de recherche de Suffield. Tout le processus est grandement simplifié, et la quantité d’énergie produite est beaucoup plus importante que pour les explosions actuelles. »

RDDC souhaite également arriver à ajuster la puissance explosive.

« Nous avons obtenu des résultats encourageants démontrant qu’il pourrait être possible d’ajuster le taux de combustion dans la fusée afin de réduire la puissance explosive, de l’ajuster selon la portée voulue, indique M. Braden. Mais nous avons encore du travail à faire pour trouver la meilleure façon d’y arriver. »

L’AC effectue des travaux dans ce domaine depuis 2005. M. Braden souligne que le Canada s’est imposé comme l’un des chefs de file en recherche et développement, aux côtés des États-Unis et de l’Allemagne. Les trois pays échangent d’ailleurs de l’information sur le sujet.

L’essai mené cette année a donné lieu à une collaboration entre différents éléments distincts des Forces armées canadiennes. L’AC a évalué la viabilité des MRS dans un contexte d’artillerie, tandis que les chercheurs de l’Aviation royale canadienne ont testé ces matériaux sous forme de bombes larguées de 500 livres (227 kilogrammes).

M. Braden mentionne par ailleurs que RDDC innove en faisant intervenir l’industrie plus tôt dans le processus de recherche et développement.

« Nous devons, à titre d’organisation, reconnaître l’apport de l’industrie et collaborer avec elle. Ses intervenants savent comment trouver des économies et assurer la rentabilité de la production. Nous voulons savoir si une entreprise canadienne ou une autre firme de l’industrie de la défense peut fabriquer le produit à un coût raisonnable et effectuer l’analyse de rentabilisation. »

Selon le major Travis Maxwell, de la Direction des besoins en ressources terrestres, l’AC examine attentivement les progrès.

« L’AC a besoin de munitions d’artillerie qui intègrent des avancées technologiques permettant d’améliorer la précision, de limiter les dommages collatéraux et de concentrer les effets, pour que les commandants disposent d’options adaptées à une vaste gamme de situations tactiques. »

Pour commenter cet article, rendez-vous dans la section Articles de la page Facebook de l’Armée canadienne

Date de modification :