« Respectons l’Arctique » : Major-général Simon Hetherington

Article / Le 13 avril 2018 / Numéro de projet : 18-0086

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Par Lynn Capuano, affaires publiques de l'Armée

Ottawa, en Ontario — Le major-général Simon Hetherington, commandant du Centre de doctrine et d’instruction de l’Armée canadienne (CDIAC), situé à Kingston (Ontario), avait l’intention de passer une fin de semaine éclair à Resolute Bay à la fin février 2018 en vue d’observer l’instruction dans l’Arctique qui s’y passait – mais « l’éclair » a presque été remplacé par un blizzard qui aurait prolongé son séjour.

« C’était une visite courte; nous étions sur le terrain depuis environ 48 heures. La température était superbe le samedi matin, mais tandis que nous quittions par les airs, les conditions se sont détériorées. Ayant déjà été dans un blizzard du Nord, je peux vous dire qu’on se sent très petit, » dit le Mgén Hetherington.

« L’une des grandes leçons apprises dans notre cours de conseiller sur les opérations dans l’Arctique est qu’il faut respecter la terre, l’environnement et les conditions météorologiques extrêmes, puisqu’elles peuvent être fatales. »

Il était accompagné d’environ 35 personnes, notamment le personnel de Ressources naturelles Canada (RNCan), puisque les Forces armées canadiennes (FAC) dirigent le Centre d’entraînement dans l’Arctique conjointement avec RNCan.

Était également présent pour une rare expérience du Nord le colonel honoraire de l’Armée canadienne (Col Hon AC) Paul Hindo, officiers d’échange étrangers de pays alliés comme le Brésil, le Royaume-Uni et les États-Unis, et des membres d’organisations qui emploient des membres de la Première réserve des FAC, y compris des membres de la Réserve de l’Armée canadienne (AC).

« Le Nord est un endroit merveilleux que 99 % des Canadiens ne visitent pas. En incluant certains des membres du personnel militaire étranger et certains de nos intervenants employeurs du voyage, nous étions en mesure de les exposer à nos soldats en opération dans l’Arctique, » fait remarquer le Mgén Hetherington.

Il croit que cette visite aidera le Col Hon AC et les intervenants employeurs à bien comprendre ce que font les réservistes à temps partiel, qui ont souvent aussi des emplois civils à temps plein, en termes de service militaire.

« Nous avons passé une journée complète sur le terrain près de la base à regarder le cours de conseiller sur les opérations dans l’Arctique en action, » dit le Mgén Hetherington.

« Nous sommes montés à bord d’un aéronef Twin Otter et avons survolé la région pour voir le hameau de Resolute Bay et se familiariser avec le terrain. Nous avons vu un troupeau de  bœufs musqués du haut des airs. Nous avons également pu visiter certains laboratoires de RNCan, et avons eu de bons briefings de tout le monde qui travaille là », se souvient-il.

À une distance sécuritaire, ils ont également observé plusieurs ours polaires.

« Il s’agissait donc d’une incroyable expérience, et les gens ont eu la chance d’avoir très froid aussi, » ajoute-t-il en riant.

Souveraineté et science

« Le partenariat avec RNCan nous est inestimable et je voulais mieux comprendre la façon dont nous pouvions l’étendre davantage et améliorer l’utilisation du centre, » dit-il.

« À l’hiver, nous sommes les principaux utilisateurs de l’installation et à l’été, ce sont les scientifiques du RNCan. »

L’utilisation principale du centre par RNCan est pour le Programme du plateau continental polaire. Il a remarqué que les leçons apprises profitent au côté militaire et au côté de la recherche polaire du partenariat.

« Tandis que nous constatons les effets du changement climatique, et avec la technologie qui rend l’Arctique plus accessible, nous devons nous assurer que notre terre, nos ressources, et plus important encore, les Canadiens demeurent en sécurité. »

Il fait remarquer que les bateaux de croisière ont commencé à visiter Resolute Bay et le hameau de Resolute.

Le fait d’avoir des scientifiques dans le Nord est une façon d’exercer la souveraineté, ce qui appuie la politique de défense du Canada : Protection, Sécurité, Engagement.

« Si vous avez des scientifiques présents dans le Nord, il s’agit d’une empreinte canadienne sur le terrain. Ils n’ont peut-être pas de fusils ou ne portent pas d’uniforme militaire, mais en étant là, ils exercent notre souveraineté. »

D’un point de vue militaire, dit-il : « En entraînant nos hommes et femmes en uniforme pour être en mesure d’effectuer des opérations dans le climat nordique, prêts à être déployés pour une mission de recherche et sauvetage dans le Nord, cela confère la souveraineté. »

Un regard sur le cours de conseiller sur les opérations dans l’Arctique

Une des principales raisons de la visite du Mgén Hetherington était d’observer l’instruction donnée près de Resolute Bay.  

« Un de nos cours d’instruction individuelle propres au Canada, le cours de conseiller sur les opérations dans l’Arctique, avait lieu, donc en tant que formateur-chef de l’Armée canadienne, je voulais voir ce qui s’y passait. »

Le cours de conseiller sur les opérations dans l’Arctique (COA) forme les officiers pour qu’ils conseillent les commandants d’unité qui pourraient ne pas avoir une expérience directe dans le Haut-Arctique et ses défis uniques, notamment la survie et la navigation. Ils mettront à profit leurs connaissances durement apprises pour aider les commandants à planifier les exercices ou opérations à venir.

Tel que souligné dans la directive Renforcer la Réserve de l’Armée (RRA), le cours de COA veille à ce que la Force de Réserve et la Force régulière s’entraînent ensemble autant que possible pour s’assurer qu’ils peuvent efficacement être combinées en une seule équipe. Par conséquent, le cours que le Mgén Hetherington a observé avait 32 stagiaires, un mélange d’hommes et de femmes de la Force régulière et de la Force de réserve. « C’était formidable de voir la diversité du groupe, » dit-il.

« Il s’agit de notre concept d’emploi de la force pour le Nord à l’aide des groupes-compagnies d’intervention dans l’Arctique qui sont des organisations composées à 100 % de membres de la Réserve, » ajoute-t-il. On prévoit que les stagiaires qui terminent le cours retourneront à leur unité et serviront les groupes-compagnies d’intervention dans l’Arctique de leur division.

« Il ne s’agit pas uniquement de monter une tente et d’allumer le poêle, » explique-t-il.

Dans une phase du cours, ils vont dans les collectivités autochtones et les informent qu’il y aura un important exercice dans le Nord et qu’il y aura des soldats et de l’équipement, et la tâche du conseiller sur les opérations dans l’Arctique est de les aider à comprendre les raisons sous-jacentes.

Les Rangers canadiens sont des membres grandement respectés de l’équipe du cours de COA. Faisant partie de la Réserve de l’Armée canadienne, les Rangers vivent et travaillent dans des régions éloignées et nordiques du pays et fournissent des forces mobiles entièrement autonomes et dotées d’équipement léger dans le but d’appuyer les opérations relatives à la sécurité nationale et à la sécurité publique au Canada.

« Les Rangers ne cessent de m’impressionner, » dit le Mgén Hetherington. « Bon nombre d’entre eux ont passé toute leur vie au nord du 60e parallèle; comment vivre et survivre dans le Nord est quelque chose qui s’apprend d’eux. »

« Ma réflexion finale sur le Nord est à quel point les humains sont petits. Le Nord peut être magnifique, mais il peut être inhospitalier. Nous devons respecter l’environnement; nous devons respecter les gens qui y vivent et qui nous conseillent. »

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